" Sur elle le soleil pesant.
Elle marche pas à pas portant sur la tête la survie des siens.
La jarre est lourde, titubante, comme un animal ventripotent qui se moque d'elle.
Plusieurs fois elle semble vaciller mais sa volonté ne flanche pas. Elle s'accroche, tendue comme une flèche, à la pointe de sa souffrance.
Là, un arbre lui propose une halte sous son ombre.
Là, elle se préserve quelques minutes du ciel lanceur de feu.
Là, elle puise dans ses forces puis repart affronter son destin. Là-bas tout ira mieux, l'effort sera passé, des sourires naîtront de l'eau, des mains s'ouvriront de joie.
L'arbre la regarde partir, un peu triste, et l'accompagne en soufflant sur elle une once de sa fraîcheur.
Le pas s'en trouve allégé et le chemin raccourcit.. "